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Le stock d’IPv4 s’épuise

Depuis Avril, l’ARIN (Americain Registry for Internet Numbers) attribue ses dernières adresses IPv4, avec moins de 17 millions d’adresses IP restantes. Le même plafond était atteint par l’APNIC (Asie-Pacifique) il y a déjà trois ans, et il y de deux ans par le RIPE NCC (Europe). Tous les registres, à l’exception d’AfriNIC, restreignent l’attribution de blocs IPv4.

Depuis quelques années, nous avons vu les terminaux accédant à internet se démultiplier. Le développement de l’ADSL, l’internet toujours disponible, la multiplication des ordinateurs et des autres terminaux, la croissance permanente des objets connectés ont conduit à la situation actuelle: nous avons besoin de toujours plus d’adresses IPv4. Malheureusement, il n’y a pas un nombre illimité d’adresses disponibles, et le stock s’épuise.

Dans sa première version, l’adressage IPv4 était séparé en classes. Les classes étaient des subdivision de liste complète des IP, au total 5, et la classe à laquelle une IP appartenait déterminait le nombre de réseaux et d’ordinateurs. Le système fonctionnait bien tant qu’il n’y avait pas trop d’ordinateurs. Mais le système était imparfait: il fallait plus d’IPs, et la subdivision en classes créait des blocs d’IP trop gros pour être en mesure de partager les adresses efficacement. Avant que cela ne devienne problématique, un routage sans classe a été mis en place, la subdivision en classes supprimée, permettant de créer des blocs d’IP plus petits.

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Il existe déjà une première solution pour freiner la consommation des adresses IP: NAT. NAT permet à plusieurs machines d’être sur un réseau « privé », partageant tous la même adresse IP publique. Ainsi, une habitation aura une seule adresse IP, quelque soit la quantité de périphériques à l’intérieur. Malheureusement, cela ne fait que ralentir le phénomène et n’a pas pu l’arrêter. Du coup, les FAIs ont l’intention de déployer des CGN, un NAT au niveau du FAI, groupant plusieurs accès au sein d’un réseau « privé ». Ainsi, vos périphériques peuvent être derrière plusieurs niveaux de NAT. Si cette solution permet de résoudre partiellement le problème de l’adressage, il créé des difficultés techniques pour l’accès aux services. En effet, les NATs ne posent pas de problèmes pour l’accès à l’extérieur, mais il rend difficile les connexions depuis l’extérieur, et chaque niveau rend ces connexions plus difficiles. Le déploiement massif des CGN pourrait poser des problèmes dans certaines applications. Et certains FAIs ont déjà commencé à les déployer.

L’autre solution à la pénurie d’adresses IPv4 est appelé IPv6. IPv6 est une nouvelle manière de représenter les adresses en utilisant des identifiants plus longs. Ces nouvelles adresses de 128 bits vont repousser la limite, peut-être pour toujours, même en attribuant une adresse publique par périphérique. Cela permettra aussi de s’affranchir du besoin d’avoir des NATs, redonnant la facilité de connexion à Internet, quel que soit le sens de connexion.

Le problème actuel d’IPv6 est que certains FAIs sont lents à le déployer. Certains ne veulent pas le déployer. Les périphériques sont compatibles avec IPv6 depuis un bon moment, mais le réseau peine à s’adapter. Aujourd’hui, de plus en plus de périphériques l’utilisent déjà, mais ce n’est pas suffisant. Malgré la nécessité pour l’Internet de l’implémenter dès maintenant, puisqu’il arrive à sa limite.

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