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IP Version 6 : le nouvel adressage

Publication : 30 novembre, 2011

Raisons du développement du protocole IPv6

La croissance exponentielle d'Internet a conduit à une saturation progressive du nombre d'adresses IPv4 publiques disponibles. En février 2011, les dernières adresses IPv4 libres de l'Internet Assigned Numbers Authority (IANA) ont été épuisées.

Avant cela, plusieurs solutions ont été utilisées pour remédier à l'épuisement du nombre d'adresses IPv4 disponibles. Parmi elles :

  • DHCP (Dynamic Host Configuration Protocol), permettant d'allouer dynamiquement des adresses IPv4 à chaque connexion.
  • HTTP 1.1, permettant principalement d'héberger plusieurs sites web avec une seule adresse IP.
  • NAT (Network Address Translation), fonction de routeur permettant de réduire le nombre d'adresses publiques utilisées en faisant correspondre une seule adresse externe publique visible sur Internet à toutes les adresses d'un réseau privé.

Ces solutions permettaient uniquement de retarder l'épuisement inévitable du nombre d'adresses IPv4 publiques disponibles. C'est pourquoi l'Internet Engineering Task Force (IETF) développa un nouveau protocole Internet dans les années 1990 : le protocole IPv6, digne successeur de l'IPv4.



Fonctionnement du protocole IPv6 :

Une adresse IPv6 est constituée de 128 bits contre 32 bits pour IPv4. On dispose ainsi d'environ 3,4×1038 adresses disponibles, soit une augmentation d'environ 4×109 adresses par rapport à IPv4. On dispose ainsi d'un espace d'adressage bien plus important qu'IPv4. De plus, IPv6 possède des mécanismes de configuration et de renumérotation automatique et les en-têtes des paquets ont été simplifiés pour permettre un traitement plus efficace par les routeurs. Enfin, IPSec, QoS et le multicast font maintenant partie de la spécification d'IPv6.

Les protocoles TCP et UDP fonctionnent comme en IPv4, mais le pseudo en-tête utilisé pour le calcul du code de contrôle a été modifié pour inclure les adresses IPv6 source et destination.

La notation décimale employée pour les adresses IPv4 (par exemple 192.168.0.1) n'est plus utilisée. Les adresses IPv6 utilisent à la place une notation hexadécimale où les 8 groupes de 2 octets (soit 16 bits par groupe) sont séparés par un signe "deux-points" :

2001:0db8:0000:85a3:0000:0000:ac1f:8001

Les zéros à gauche dans chaque groupe peuvent être supprimés et on peut remplacer une seule séquence de zéros par « :: ». Ainsi, l'adresse IPv6 ci-dessus est équivalente à :

2001:db8:0:85a3::ac1f:8001

Les adresses IPv4 et IPv6 n'étant pas compatibles, une transition est nécessaire pour permettre aux hôtes IPv6 de communiquer avec des hôtes IPv4 et d'utiliser l'infrastructure IPv4, jusqu'à ce que le protocole IPv6 supplante complètement le protocole IPv4. Pour permettre cette transition, les hôtes IPv4 se voient affecter à la fois des adresses IPv4 et IPv6 (Dual Stack). Il leur est alors possible d'obtenir une connectivité IPv6 en utilisant un tunnel où les paquets IPv6 sont encapsulés dans des paquets IPv4 et peuvent ainsi traverser le réseau du FAI jusqu'à un serveur supportant IPv4 et IPv6, où ils sont décapsulés.

Deux types de tunnels sont utilisés :

  • Les tunnels statiques dont les points de terminaison sont configurés explicitement, soit manuellement, soit automatiquement par le système d'exploitation, soit par l'intermédiaire d'un service de type « tunnel broker ». Le protocole 6in4 est généralement utilisé.

  • Les tunnels automatiques dont les points de terminaison sont déterminés automatiquement par l'infrastructure du réseau. Parmi les protocoles utilisés on peut trouver : 6to4, Teredo, ISATAP.


Connexion IPv6

Pour accéder au contenu d'un serveur web, un client doit passer par un fournisseur d'accès à internet (Internet Service Provider), un fournisseur de transit IP et l'hébergeur du contenu qu'il désire consulter.

Pour établir une connexion IPv6 sans passer par un tunnel, il faut donc que toute la chaîne utilise une infrastructure IPv6. Aujourd'hui, les FAI français ne proposent pas une connectivité native (au mieux un bridge) l'IPv6 à du mal à prendre son envol rapide.

Néanmoins, au vu de l'évolution des besoins et usages d'Internet, ceci devrait rapidement évoluer. Certaines entreprises ont déjà compris que cette migration est indispensable pour l'évolution de leur activité, il ne manque plus que le grand public.

IPv6 chez Iguane Solutions

Fort d'un coeur réseau supportant nativement l'IPv6, Iguane Solutions propose déjà à ses clients 'réseaux' le transport de leur trafic IPv6 depuis plusieurs mois.

Courant 2011, l'ensemble de l'infrastructure (réseau, système et logiciel) d'Iguane Solutions sera migré sur des systèmes à double pile pour permettre à l'ensemble de nos clients, une migration transparente et pérenniser leur évolution et leur croissance.